Pourquoi je tricote ?

Détail d'une manche en dentelle sur le gilet en jersey avec la pelotte posée dessus, bouchon d'aiguille en forme d'éléphant.

Aujourd’hui, on parle tricot. Pourquoi je tricote ? Pourquoi j’ai remis les aiguilles en route après des années d’arrêt ? Pourquoi ce geste répétitif, lent et un peu hypnotique, est devenu un de mes grands plaisirs du quotidien ?

Toi aussi tu commences mille projets sans finir les précédents ? Tu regardes la télé en tricotant, ou tu trimballes ton encours dans ton sac à main ? Viens, on en parle.

J’ai appris à tricoter un peu par hasard. J’étais ado, notre voiture est tombée en panne sur le chemin du retour des vacances, et on s’est retrouvés bloqués plusieurs jours à Guillestre avec mes parents. Pas trop de choix pour s’occuper, alors j’ai tricoté une écharpe bleu marine avec des aiguilles numéro 4. L’enfer. Long, mais long, … pas du tout adapté à ma patience d’ado.

Résultat : ça m’a bien refroidie. J’ai tout laissé tomber…

Quelques années plus tard, vers mes 25 ans, j’ai quand même repris un peu les aiguilles, mais pour des projets très simples : des petites couvertures tricotées pour mes bébés ou ceux de mes amis. De la douceur, du mousse, du jersey, du point de riz… Rien de compliqué, juste le plaisir de créer du chaud et du tendre. Mais là encore, je n’ai pas trop continué.

Ce n’est qu’il y a deux ans que j’ai vraiment redécouvert le tricot, avec un modèle de pull spécial débutant et des aiguilles circulaires. Et là : révélation. C’était fluide, doux, logique. Un vrai bonheur. Depuis, je ne m’arrête plus.

Le tricot, c’est devenu mon refuge. Ma bulle anti-anxiété.
Je m’apaise. Le rythme est lent, régulier. Ça me berce, ça me calme. Je suis ancrée dans l’instant présent. Mes mains sont occupées, mon esprit devient calme. Ma respiration ralentit, mon corps se détend.

Et ce n’est pas qu’une impression : des études ont montré que le tricot active le système nerveux parasympathique, celui qui nous aide à ralentir. Résultat : la production de cortisol baisse, la tension artérielle aussi. Le cœur ralentit.
En fait, le tricot agit comme une sorte de méditation active. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la recherche. Et moi, je le ressens à chaque fois que je m’installe avec mes aiguilles circulaires. Mon esprit s’apaise, concrètement.

Je tricote surtout pour moi.
J’ai bien tenté un bonnet pour mon fils… mais il a dit que ça grattait.
Un autre pour une nièce : beaucoup trop grand.
Mais finalement, tricoter pour moi, c’est déjà beaucoup. C’est un soin, un geste pour moi-même.

Je suis perfectionniste. Une maille à l’envers ? Je peux détricoter vingt rangs.
Mais j’ai aussi découvert que j’étais plus patiente que je ne l’imaginais.
Avant, une maille perdue, c’était panique et dé-tricotage complet. Maintenant, je la remonte avec un crochet. Je comprends ce que je fais, j’ai progressé.
Mon tout premier pull avait des rangs raccourcis… j’ai recommencé au moins quatre fois.
Mais je ne me suis pas découragée.
Et j’ai même créé mon propre patron de mitaines, parce que je ne trouvais pas ce que je voulais. Fierté totale.

Je n’ai pas de rituel : je tricote quand j’en ressens l’envie. Devant la télé, en salle d’attente, dans le train, au soleil… Je suis multiprojets, j’aime bien alterner : un projet long pour le plaisir d’avancer lentement, et des petits projets rapides pour avoir la satisfaction d’un ouvrage terminé.
Parfois, je tricote juste pour le geste. Mon headband en est la preuve : je l’ai commencé pour m’occuper les mains en salle d’attente.

Ce que je crée me parle.

En ce moment je choisis surtout des modèles de FolieOrdinaire, que j’adore. C’est beau, accessible, intelligent. Et c’est aussi une manière pour moi de consommer autrement : soutenir une créatrice indépendante, ça compte. J’ai aussi découvert un nouveau plaisir : celui d’adapter un patron à ma morphologie, grâce à son super livre. Petit à petit, je m’autorise à m’éloigner des instructions.
C’est encore une autre liberté.

Et puis, il y a ce plaisir inattendu que j’adore : bobiner mes écheveaux avec mes enfants. Ce moment où on transforme la laine en pelote, c’est comme une petite cérémonie à la maison. Rien que pour ça, je crois que je ne reviendrai jamais aux pelotes toutes faites.

Mon conseil si tu débutes ? Teste les kits de Lise Tailor. Ses tutos sont détaillés, accessibles, et les projets sont vraiment jolis. Sinon, rien de tel qu’un atelier ou un tricot-papote pour progresser sans se prendre la tête.

Si toi aussi tu tricotes pour te vider la tête, pour le plaisir du geste, ou juste pour avoir une excuse pour acheter encore un écheveau… j’espère que tu te sens moins seule ?

As-tu déjà ressenti le flow quand tu tricotes ?

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